Article paru le 23 novembre 2008. Lu 230 fois.
30 mai 1984, au bout de la nuit romaine, Francesco Graziani s’avance pour que l’AS Roma reste en course dans cette séance de tirs au but, la première de l’histoire des finales de la Coupe d‘Europe des clubs champions. En face de lui, il trouve un gardien qui, non content d’avoir troublé et fait raté Bruno Conti lors de sa tentative, se met à faire vaciller ses jambes, comme s’il était ivre ou mort de trouille… Graziani rate sa frappe et Grobbelaar rentre dans la légende des Reds mais aussi de la coupe d’Europe en devenant le premier joueur africain à la remporter.
Bruce David Grobbelaar est né le 6 octobre 1957 à Durban (Afrique du Sud) mais avec la nationalité zimbabwéenne. Après avoir gardé les buts du Java Cosmo en Afrique du Sud, il s’envole pour le Canada et le Vancouver Whitecaps. En 1980, Ron Atkinson veut l’enrôler à West Bromwich Albion mais l’affaire ne se fait pas car il n’obtient pas son permis de travail. Il atterrit finalement à Crewe Alexander pour y jouer 24 matches avant de signer, en 1981, à Liverpool, repéré par Tom Saunders. Il y remplace Ray Clemence parti cet été-là à Tottenham.
Le scandale des matches truqués.
C’est le début de sa grande aventure sur les bords de la Mersey où il jouera, entre 1981 et 1994, 627 matches et gagnant tout ce qu’il est possible de remporter avec les Reds..
En 1994 , il quitte Liverpool pour Southampton et se retrouve accusé d’avoir truqué des matches au bénéfice d’un syndicat de paris, après avoir été filmé lors d’une discussion avec d’autres joueurs, John Fashanu d’Aston Villa et Hans Segers de Wimbledon. Bruce choisit de plaider non-coupable et en 1997, il obtient un non-lieu et décide d’assigner The Sun en diffamation. Mal lui en prend car il se retrouve condamné par le Chambre des Lords à payer au quotidien 500 000 livres, soit l’intégralité des frais de justice. Grobbelaar se déclare en faillite personnelle, quitte l’Angleterre et retourne en Afrique du Sud.
L’après-Angleterre
A son arrivée dans son pays natal, il entraîne avec plus ou moins de succès de nombreuses équipes et il devient même pendant brièvement entraîneur-joueur de l’équipe nationale du Zimbabwe.
Récemment, Bruce a déclaré qu’il « espère un jour retourner à Anfield en tant que manager du Liverpool FC » mais sa réputation Outre-manche ne lui laisse guère d’espoirs de voir son souhait se réaliser.
Il est pourtant revenu, une fois, en Angleterre, en 2006 lors du remake de la finale de la FA CUP 1986 face à Everton.
« Un sacré manège »
Que nous reste-t-il de Grobbelaar ? Un grain de folie, de l’excentricité, de l’inattendu, de l’inspiration, du génie, bref tout ce que le commun des footballeurs ne possède pas (à quelques exceptions prés).
Remarquez, que faut-il attendre de plus de la part d’un gardien qui, devant un champion du monde en titre, se met à manger ses filets comme des spaghettis et se met à faire le pitre devant les photographes … pas grand-chose d’autre que l’attitude d’un gardien fantasque qui ne se prend pas au sérieux (il a expliqué qu’après avoir pris part à une guerre civile au Zimbabwe, le football ne doit pas être considéré avec autant de gravité) et qui nous fait remettre le football à sa vraie place : celle d’un jeu.
En guise de fin, laissons notre zimbabwéen préféré conclure : « Les Anglais m’ont plongé dans la banqueroute. Je suis arrivé là -bas avec 10 livres, ils m’ont rendu 1 livre avant de partir. Mais entre les deux, ce fut un sacré tour de manège ».
Palmarès de Bruce Grobbelaar (avec Liverpool) :
Vainqueur de la C1 en 1984
Champion d’Angleterre en 1982, 1983, 1984, 1986, 1988,1990
Vainqueur de la Coupe d’Angleterre en 1986, 1989, 1992
Vainqueur de la Coupe de la Ligue en 1982, 1983, 1984
Vainqueur du Charity Shield en 1983, 1987, 1989,1990, 1991
Lénaïc Mercière pour starafric.com
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