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| Mamadou Niang confie son frère Moussa au Stade de Reims. |
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Article paru le 14 novembre 2008. Lu 351 fois.
Mamadou a dirigé son petit frère vers le Stade de Reims. Ou plutôt, il l’a confié à Carlos Lopez, l’homme qui l’a relancé...
MAMADOU NIANG, le buteur de l’OM, voue une reconnaissance « éternelle » à Carlos Lopez. Sans le Chaunois d’origine, « Mamad » n’existerait peut-être pas aujourd’hui…
Alors qu’il venait d’être viré du centre de formation du Havre « pour des bêtises », Carlos a su tendre la main à l’enfant de Caucriauville (1), une cité-dortoir comme les années 60 en ont fait naître : « Il aurait pu tomber aux oubliettes et même basculer du mauvais côté… ».
De Saint-André-les-Vergers (montée de DHR à DH Champagne-Ardenne) à Marseille via Troyes, Metz et Strasbourg, la trajectoire de l’aîné des Niang doit énormément au désormais responsable du centre de formation du Stade de Reims (2).
Et quand « Mamad » a senti que son petit frère Moussa avait besoin, à son tour, d’être pris en charge, l’option rémoise s’est tout de suite imposée…
Entraîneur, chaperon : Carlos Lopez a accepté de porter une double casquette auprès de Moussa. Mais sans qu’il soit question de faire uniquement du social : « Je ne l’ai pas pris parce que c’est le frère de Mamad. Je l’ai vu jouer et lui aussi possède un réel potentiel. On va le faire bosser. Il est déjà plus dans l’état d’esprit… ».
Carlos Lopez est visiblement quelqu’un qui a joué un rôle capital dans la carrière de ton frère ?
« A chaque fois, mon frère me parle du coach. Comme lui, à une époque, j’avais besoin d’aide. J’aurais pu faire des conneries.
Je suis donc allé voir Mamadou à Marseille et il m’a dirigé vers Carlos… »
Carlos confirme : « Mamad me l’a confié… ».
Quels objectifs te fixes-tu cette saison ? Apparaître en L2 ?
« Je veux revenir à mon niveau. J’ai arrêté le foot pendant un an et au début, je n’étais pas très motivé.
Maintenant ça va mieux. J’ai beaucoup de retard mais l’objectif, c’est de devenir titulaire en CFA 2.
Avec mon frère, on se voit rarement. En revanche, on s’appelle tous les jours. Il me demande si je me sens bien et me conseille de ne pas lâcher.
Il me dit : aie confiance en toi et en ton coach… ».
Vous n’avez pas vraiment la même morphologie, tu es plus longiligne…
Carlos Lopez coupe : « Il n’a pas le même physique, il joue plus sur le côté alors que son frère est axial mais il a les mêmes attitudes quand il court. Il a le même potentiel aussi ».
« Mon frère est un battant. Moi j’ai de la vitesse et je percute mais je ne suis pas encore assez costaud. Il faut que je fasse de la muscu… ».
Carlos Lopez intervient à nouveau : « Moussa, son souci, c’est le mental. Mamadou, lui, avait un statut dans la famille. Il lui fallait nourrir les siens en tant qu’aîné. Ce qui explique sa volonté de réussir… ».
On imagine que Mamadou te soutient…
« Il m’aide beaucoup matériellement. Il me paye mon appartement etc... Mais je n’aime pas que l’on me considère comme le frère de. Heureusement, ici, on m’en parle peu… ».
Te sens-tu capable de réussir la même carrière ?
« Non. Il a mis la barre très haut. Mon frère a eu des galères qui l’ont rendu plus fort. Moi j’ai plus de facilités. Mamadou me parle tout le temps de ce qu’a pu lui apporter Carlos Lopez.
Sans lui, peut-être que je serais aussi en galère, que je serais parti en vrille. Carlos, nous le considérons comme un membre de la famille. Je ne veux pas le décevoir… ».
L’OM est un grand club mais le Stade de Reims a aussi une histoire…
« Sincèrement, je ne la connaissais pas avant de venir aussi. Mais j’ai appris à l’apprécier. J’aime bien le staff, le nouveau stade, aller voir les matches… ».
Pourquoi ne pas avoir plutôt rejoint ton frère à Marseille ?
« Je pouvais entrer là -bas mais le jour où mon frère serait parti, je me serais fait virer.
Au début, Mamadou ne savait pas non plus si j’avais envie… »
As-tu des idoles, des modèles ?
« Je ne suis que mon frère. Je le vois bien en Angleterre… ».
Carlos Lopez acquiesce : « Mamad a déjà eu des contacts avec Manchester United mais ça ne s’est pas fait… »
Mamadou va-t-il venir te rendre visite à Reims ?
« C’est prévu. Mais en jouant tous les trois jours, c’est difficile. Et durant la trêve, nous allons tous rentrer au Havre pour nous retrouver en famille… ».
Recueilli par Jean-Pierre Prault
(1) Caucriauville est un réservoir de talents. Y ont vécu Vikash Dhorasoo, Souleymane Diawara, Julien Faubert, etc... (2) Carlos Lopez s’est aussi occupé de la formation au Havre, (où il a découvert Mamadou Niang) puis à Troyes.
Carlos Lopez : « On va essayer… »
« Moussa est quelqu’un de très réservé et il n’a pas la même détermination que Mamadou. Son frère me fait confiance pour rééditer ce que nous avons fait ensemble. Ce ne sera pas simple mais on va essayer… Après avoir fait des bouts de matches, il a été titulaire à Sens avec la CFA 2. Il a eu un bon rendement. Contre Sedan (B), il est entré dans le dernier quart d’heure et a été passeur décisif. Il est arrivé très court physiquement et psychologiquement. Ça va mieux mais il est encore un peu loin du but… »
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