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Metz : Agouazi « Moi, Laurent, Algérien jusqu’au bout des ongles »
 
Article paru le 15 avril 2008. Lu 532 fois.


Il se prénomme Laurent, mais ne vous fiez pas à son prénom. Agouazi est Algérien jusqu’au bout des ongles. De père algérien et de mère française, il montre un attachement rare au pays de son père. D’ailleurs, il a un deuxième prénom plus algérien : Karim. Son vÅ“u ? Plutôt un rêve : jouer avec la sélection algérienne. Le rêve a pris forme après avoir visionné des matches de l’Algérie au stade du 5-Juillet, notamment le fameuse rencontre contre la Guinée qui avait vu une assistance record. Joueur du FC Metz où il a fait toutes ses classes et dont il est actuellement le meneur de jeu, il ne désespère pas de défendre un jour les couleurs nationales.

Le public algérien vous connaît peu. Pouvez-vous vous présenter à lui ?

Laurent Karim Agouazi, 24 ans, joueur au FC Metz. C’est ma quatrième saison en tant que senior dans ce club, mais c’est la première où je joue en tant que titulaire après avoir été champion de Ligue 2 la saison passée. Là, j’ai hâte de faire partie de la sélection algérienne. C’est mon vÅ“u le plus cher. On vous a vu évoluer cette saison à tous les postes du milieu du terrain : milieu offensif, milieu défensif, à gauche, à droite… Quel est votre poste de prédilection ? Je suis plutôt milieu récupérateur, juste devant la défense. C’est le poste que j’occupais dans les catégories jeunes. Cela dit, il arrive que mon entraîneur me fasse jouer un peu plus haut, comme ce soir (entretien réalisé samedi soir, ndlr) contre l’Olympique de Marseille où j’étais un électron libre au milieu du terrain. J’aime beaucoup toucher le ballon et faire jouer les autres. C’est l’une de mes qualités. Jouer simple est aussi une de mes qualités.

Pour votre première saison en tant que titulaire, vous portez un numéro mythique : le 10. Est-ce l’entraîneur qui vous l’a attribué en début de saison ou est-ce vous qui avez demandé à le porter ?

En fait, je portais déjà le numéro 10 la saison passée. C’était l’entraîneur de l’époque qui me l’avait donné. C’est un numéro que j’adore car il est prestigieux et a été porté par les plus grands joueurs du monde. C’est une fierté pour moi et pour toute ma famille. J’essaye de le mouiller et de lui faire honneur à chacun de mes matches. J’aime avoir un état d’esprit sain sur le terrain. Votre première saison en tant que titulaire sera gâchée par une relégation en Ligue 2. Le souvenir de cette saison sera-t-il teinté d’amertume ? C’est certain. En tant que titulaire, on a une grande responsabilité sur le terrain et, pour ma première saison avec le statut de titulaire, j’ai pris mon rôle très à cÅ“ur. Vu que la saison est ratée en tant qu’équipe, cela n’a plus le même goût. Cependant, bien que notre relégation se profilait déjà dès la fin de la phase aller, nous avons toujours tenu à faire honneur chaque week-end aux couleurs que nous portons. Nous avons conscience de pratiquer le plus beau métier du monde et il faut savoir persévérer pour que le bonheur succède à la déception et, surtout, pour prendre du plaisir à chaque match, quel que soit le résultat à l’arrivée. Vous semblez très enthousiaste à l’idée de rejoindre la sélection algérienne. D’où est né cet enthousiasme ? Tout simplement à travers la télévision. En suivant les matches de l’Algérie qualificatifs pour la dernière Coupe d’Afrique des nations, j’ai découvert des supporters algériens passionnés et fanatiques. Cette image s’est gravée dans mon esprit et, depuis, je ne rêve que de jouer pour l’Algérie. Je ne me suis pas contenté de vÅ“ux pieux puisque j’ai fait tout le nécessaire au plan administratif pour être sélectionnable. Je me suis inscrit au consulat d’Algérie, je me suis fait établir une carte identité et je me suis fait délivrer un passeport algérien. C’est une fierté pour moi-même et pour ma famille, surtout pour mon grand-père et ma grand-mère qui ont toujours été algériens. J’aimerais défendre les couleurs nationales pour tout ce qu’elles représentent pour les Algériens. Avez-vous assisté à un match de l’Algérie au pays ? Je n’ai pas encore eu la chance de visiter l’Algérie. C’est par un très bon ami, le joueur Ismaïl Bouzid, formé au FC Metz avec moi, qui m’en parle depuis longtemps. Il me parle des matches là-bas, de l’engouement du public et, surtout, de l’ambiance extraordinaire du stade 5-Juillet qu’il connaît très bien pour y avoir joué avec la sélection nationale et le MCA. C’est pour ça que j’ai décidé que, si je devais jouer un jour pour une sélection, ce serait pour celle de l’Algérie.

Votre rêve est sans doute aussi de visiter la terre de vos ancêtres… Absolument et j’avais fait le projet d’y aller l’été prochain.

Cependant, je ne pourrai pas le faire car ma femme vient d’accoucher d’une petite fille et cette dernière ne pourrait pas supporter le voyage vers l’Algérie et le déplacement par route vers la Kabylie d’où mon père est originaire. Comme je tiens à ce que ma petite famille m’accompagne dans ce voyage, j’ai opté sagement pour un report à la fin de l’année ou à l’année prochaine. J’ai vraiment hâte de découvrir la terre de mes grands-parents et j’ai encore plus hâte de porter le maillot algérien. Vraiment. Chez vous, à la maison, on vous appelle Laurent ou Karim ? Mes parents m’appellent Laurent puisque ma mère m’a donné ce prénom, mais ma grand-mère paternelle m’appelle Karim. Vous espérez intégrer la sélection à un moment où l’Algérie s’apprête à entamer les qualifications pour la CAN-2010 et le Mondial 2010. Pensez-vous la mission possible ?

Ce sera délicat, mais pas impossible. Il y a longtemps que l’Algérie ne s’est pas qualifiée pour un grand tournoi international et il est temps de corriger cela. Au plan personnel, j’aspire à honorer mon pays tout en acquérant de l’expérience au plan international et en progressant dans ma carrière. Avez-vous été contacté par le sélectionneur national ? Directement, non. Par le biais de mon manager, oui. Cela dit, j’attends qu’il m’appelle. Le jour où il m’appellera, ce sera une grande fierté pour moi. A part Bouzid, quels sont les joueurs algériens que vous connaissez ?

J’ai parlé avec Rafik Saïfi à l’occasion du match qui nous avait opposés à Lorient, ainsi qu’avec Yazid Mansouri. Ils ont exprimé le vœu de me voir rejoindre la sélection et m’ont souhaité la bienvenue par anticipation. J’espère y être dès le premier match de la campagne de qualification contre le Sénégal.

Avez-vous des coéquipiers sénégalais à Metz que vous aimeriez croiser sur le terrain à Dakar ?

Oui. Il y a Cheikh Gueye et Boubacar Gueye. Nous avons déjà parlé entre nous de ce match. Cela dit, mon souhait est que l’Algérie, avec ou sans moi, réalise un bon résultat au Sénégal.

Un mot pour le public algérien qui ne vous connaît pas et qui a commencé à vous découvrir cette saison ?

J’espère à mon tour le découvrir en jouant au stade du 5-Juillet. Je sais qu’ils sont fanatiques et ça me plaît. Je leur donne rendez-vous pour le jour où j’aurai l’honneur de porter le maillot national. Vous répétez inlassablement depuis le début de l’interview que vous voulez être en sélection algérienne. C’est quoi votre motivation ? Lorsqu’on a des supporters comme ceux de l’Algérie, on n’a qu’une seule envie : jouer devant eux et pour eux. C’est extrêmement motivant et émotif pour un joueur d’évoluer sous le regard de supporters passionnés.

lebuteur


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