Article paru le 22 mars 2008. Lu 458 fois.
Dans la ville de Carquefou, une cité française de la région de la Loire Atlantique qui a comme chef lieu la ville de Nantes, le nom de Papa Idrissa Ndoye fait partie désormais du vocabulaire usuel.
Venu dans cette ville il y a deux ans, l’ancien attaquant du Diaraf de Dakar qui a travaillé au début des années 2000 sous la direction de Lamine Dieng a de quoi être fier.
Pas souvent titulaire dans l’équipe de la Médina, il a fait parler de lui en bien devant toute la France et contre l’Olympique de Marseille, dont il est un fervent supporter, en devenant le buteur des 16-èmes de finale de la coupe de France.
L’enfant de la Cité Prestation enserré entre Dieuppeul 3 et 4, qui a connu le Port autonome de Dakar après avoir joué les navétanes, a tenté toutes les filières pour assouvir son dessein.
Et cela l’a fait passer entre "des mains curieuses" qui l’ont menées en Arabie Saoudite et en Albanie, en passant par le Portugal pour un seul rêve, celui de devenir footballeur professionnel.
Il n’a pas encore atteint son objectif mais en marquant le seul but, celui de la victoire acquise par son équipe de CFA2 (5-ème division), il ne passera plus inaperçu chez les Carquefoliens ni dans son paisible quartier de la Cité Prestation.
"C’est extraordinaire, a-t-il déclaré à la fin du match au quotidien français l’Equipe. C’est un rêve de fou, un truc de fou. Quand j’ai vu le but ouvert, je me suis dit " Allez vas-y mets-la au fond".
" Et, après, ça a été du n’importe quoi. Je ne savais pas où aller. Je suis content pour ma famille qui a vu le match au Sénégal. Ils ont tenté de m’appeler mais il n’y avait pas de réseau. Je suis épuisé, fatigué, mon corps me fait mal", renchérit celui qui était souvent barré dans l’équipe de la Médina par les Pape Ciré Dia, Abdoulaye Coulibaly et Traoré pour ne citer que ces trois joueurs.
Mais, il était écrit quelque part, pour ce jeune très timide, qu’il entrera dans l’histoire du football. Et mercredi, il y est arrivé dans l’un des stades les plus connus de France, le Stade de la Beaujoire où des générations de footballeurs français ont fait leurs gammes.
Contre l’OM, il a été celui qui a permis aux Carquefoliens de regarder droit dans les yeux les Nantais, ces "Canaris" dont l’évocation faisaient saliver les amoureux du beau jeu.
Sur la pelouse de la Beaujoire, il n’y avait pas les Nantais, descendus entre temps en ligue 2 française, mais ceux dont les maillots immaculés sont rayés sur les manches de trois lignes noires : les joueurs de Carquefou sont entrés dans l’histoire, huit ans après Calais en se qualifiant pour les huitièmes de finale et en éliminant un gros, l’Olympique de Marseille de Mamadou Niang.
Les supporters sénégalais attendaient certainement l’attaquant Niang et ses buts, mais ils ont vu Ndoye, un Sénégalais comme on en voit tous les jours avec son corps frêle et son jeu en toute vivacité.
Et en le voyant se jouer de la défense centrale de l’OM constituée des grands gabarits, Ronald Zubar et Jacques Faty, on comprend peut-être son aisance dans les situations de jeu. En feintant notamment le portier de l’OM, Cédric Carasso, il a dû se souvenir des leçons du maître du beau jeu, Lamine Dieng, qui n’accepte jamais qu’on se débarrasse du ballon.
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